De plus en plus de Français choisissent de passer leur retraite à l'étranger. En 2025, selon la DREES, près de 900 000 retraités français vivent déjà hors du territoire national.
Attirés par un climat plus doux, un coût de la vie plus bas et une qualité de vie différente, ils s'installent notamment au Portugal, en Espagne, au Maroc ou en Thaïlande.
Mais partir vivre sa retraite à l'étranger ne s'improvise pas : entre déclarations administratives, fiscalité, certificats de vie et couverture santé, certaines règles doivent être connues avant de s'envoler vers une nouvelle vie.
Percevoir sa retraite à l'étranger : un droit ouvert à tous
Il est possible de percevoir sa retraite française tout en résidant à l'étranger. Les pensions versées par les régimes français ne sont pas soumises à condition de résidence, contrairement à certaines allocations sociales comme l'ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) ou l'ASI (allocation supplémentaire d'invalidité), qui exigent une résidence permanente en France.Les retraités expatriés peuvent donc continuer à toucher leurs pensions, qu'elles soient issues du régime de base ou des régimes complémentaires, sur un compte bancaire en France ou directement sur un compte étranger.
Les démarches à effectuer avant le départ
Avant tout départ, le retraité doit informer sa caisse régionale de retraite de tout changement d'adresse ou de coordonnées bancaires.
Cette déclaration s'effectue par courrier postal, en indiquant les noms, prénoms, numéro de sécurité sociale et en joignant les pièces justificatives nécessaires (Justificatif de domicile, relevé d'identité bancaire, etc.).
Une fois à l'étranger, il est impératif d'envoyer chaque année un certificat de vie également appelé attestation d'existence. Ce document permet de confirmer à l'administration française que le bénéficiaire est toujours en vie et d'éviter la suspension du versement de la pension.
Le certificat de vie doit être rempli et validé par une autorité locale compétente : ambassade, mairie, commissariat ou consulat.
Désormais, il est possible d'effectuer cette démarche en ligne, via le service « Ma retraite à l'étranger » sur le site de info-retraite.fr, qui simplifie largement la procédure.
Droits à l'assurance maladie : attention au pays de résidence
Ne pas effectuer ces démarches peut avoir des conséquences car sans attestation de droits ou couverture adaptée, aucune prise en charge des soins ne sera assurée.
Fiscalité : où déclarer ses revenus à la retraite ?
Si vous passez plus de 183 jours par an en France ou que votre foyer fiscal et vos intérêts économiques s'y trouvent, vous restez résident fiscal français. Vous continuez alors à déclarer vos revenus en France, et l'administration applique le prélèvement à la source directement sur votre pension.
En revanche, si vous êtes domicilié fiscalement à l'étranger, la situation change. Depuis 2024, la CSG-CRDS n'est plus applicable aux non-résidents fiscaux mais la cotisation maladie reste due au taux indiqué :
Tout dépend ensuite des conventions fiscales signées entre la France et le pays de résidence.
Ces accords évitent la double imposition et déterminent quel État est en droit de prélever l'impôt.
Il est donc fortement recommandé de consulter ces conventions, disponibles sur le site du CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale), avant de s'expatrier.
Cas particuliers : ASPA, ASI
Les bénéficiaires de l'ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) ou l'ASI (allocation supplémentaire d'invalidité), doivent impérativement résider en France pour continuer à percevoir ces allocations.
En cas de départ à l'étranger, le versement est suspendu. Il pourra reprendre uniquement en cas de retour sur le territoire français et dépôt d'une nouvelle demande.
Se faire accompagner par un expert retraite permet d'anticiper les pièges et de permettre de passer une retraite sereine
Avec une bonne préparation, l'expatriation peut devenir une étape d'apaisement de la vie de retraité.
FAQ
1. Puis-je percevoir ma retraite française sur un compte étranger ?
Oui, c'est possible. Vous pouvez choisir de recevoir vos pensions sur un compte en France ou sur un compte ouvert dans votre pays de résidence.
2. Que se passe-t-il si je ne transmets pas mon certificat de vie ?
Sans certificat de vie valide, le versement de votre retraite est suspendu au bout de deux mois. Il reprendra dès réception du document.
3. Les soins médicaux en France restent-ils pris en charge ?
Oui, si vous êtes affilié au régime d'un pays ayant un accord avec la France, vos soins lors de séjours temporaires peuvent être remboursés.
4. Existe-t-il des aides pour les retraités expatriés ?
Certaines associations et organismes, comme la Caisse des Français de l'étranger (CFE) ou le Cnarefe, accompagnent les retraités dans leurs démarches sociales et médicales.
5. Peut-on conserver son assurance-vie ou son PER en cas d'expatriation ?
Oui, il est possible de conserver en étant non-résident francais.
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