Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 s'impose comme l'un des textes les plus sensibles de la fin d'année. Le gouvernement affiche un objectif ambitieux : ramener le déficit à 17,5 milliards d'euros en 2026, avant un retour attendu à l'équilibre en 2029. Mais derrière l'équation budgétaire se cache une série de mesures touchant directement les retraités, les actifs et les familles.
Certaines dispositions ont déjà été votées, tandis que d'autres restent à débattre. Voici les mesures principales à connaître.
Le gel des retraites
L'un des dispositifs les plus contestés est le gel des pensions de retraite pour l'année 2026. Cela signifie que les pensions ne seraient plus indexées automatiquement sur l'inflation comme c'est le cas aujourd'hui, entraînant mécaniquement une baisse du pouvoir d'achat réel des retraités.
Suspension de la réforme des retraites
L'un des points centraux du PLFSS concerne la suspension de la réforme des retraites. Le Premier ministre aurait accepté l'intégration de cette suspension au texte, en contrepartie d'un engagement politique : éviter le dépôt d'une motion de censure.
Arrêts maladie : Un durcissement des règles
Le projet introduit une limitation stricte de la durée des arrêts maladie. Les prescriptions faites en ville seraient limitées à 15 jours, tandis qu'une première prescription hospitalière serait plafonnée à 30 jours.
Le texte prévoit également la suppression des règles dérogatoires pour les arrêts longue durée non exonérants dépassant six mois.
Un nouveau congé de naissance
Le PLFSS prévoit l'introduction d'un nouveau congé de naissance en plus de celui déja en vigueur, d'une durée maximale de deux mois. Ce congé pourrait être pris simultanément ou alternativement par chacun des parents.
Vers une évolution du cumul emploi-retraite
Le cumul emploi-retraite serait profondément remanié. Trois règles distinctes seraient mises en place selon l'âge :
Entre 60 et 64 ans
Pour les personnes partant avant l'âge légal, y compris via le dispositif de carrière longue, toute reprise d'activité entraînerait une réduction du montant de la retraite équivalente au revenu gagné.
Entre l'âge légal et 67 ans
Un plafond annuel de 7 000 € serait instauré pour les revenus issus du cumul emploi-retraite. En cas de dépassement, la pension serait réduite de 50 % du montant excédentaire.
Après 67 ans
Les retraités de plus de 67 ans pourraient cumuler intégralement pension et revenus du cumul emploi-retraite. Les cotisations générées permettraient d'acquérir une seconde pension.
Carrière longue : Prise en compte de trimestres liés aux enfants
Le texte propose d'intégrer deux trimestres liés à la naissance, l'éducation ou l'adoption d'un enfant dans la condition d'accès à un départ anticipé pour carrière longue. Cette mesure s'appliquerait aux retraites liquidées à partir du 1ᵉʳ septembre 2026.
Une nouvelle méthode de calcul pour la retraite des mères
- Les 24 meilleures années pour les mères ayant un enfant,
- Les 23 meilleures années pour celles ayant deux enfants ou plus.
Le PFLSS 2026 marque un tournant dans la protection sociale française et redéfinit plusieurs aspects du système de retraite. Certaines dispositions pourraient encore évoluer durant les débats parlementaires dans les prochaines semaines.